Les droits fondamentaux de l’enfant : comprendre l’essentiel
La première guerre mondiale et ses conséquences dévastatrices ont fait réaliser aux décideurs européens de l'époque, combien l’enfant avait besoin de protection. La guerre avait détruit de nombreuses familles, laissant des millions d’enfants orphelins, malades, affamés et livrés à eux-mêmes. Face à cette situation désolante, des humanitaires comme Eglantyne Jebb militent alors pour faire de la protection de l’enfant, une priorité mondiale. Les enfants étaient désormais reconnus et acceptés comme des individus autonomes, des êtres à part entière et non comme des biens ou des actifs économiques pour leurs parents. Ils sont dotés d’émotions, de rêves et d'immenses potentiels. À ce titre, ils disposent de droits spécifiques et doivent être protégés. Ainsi est née la déclaration de Genève.
Un enfant, c'est-à-dire un mineur, est un être vulnérable qui ne peut décemment pas prendre soin de lui-même encore moins se protéger convenablement. Il dépend entièrement des adultes qui sont ses parents, sa famille, la communauté dans laquelle il vit. Ces derniers ont l’obligation de le nourrir, de le protéger, de le guider et de l’accompagner jusqu'à l’âge adulte. Nous avons tous, une responsabilité envers les enfants, une responsabilité à laquelle nous ne pouvons nous soustraire au risque de mettre en péril notre société et le monde par la même occasion.
Les droits fondamentaux de l’enfant sont relatifs à l’éducation, la santé, la sécurité, la dignité, l’identité, la famille et la liberté d’expression, entre autres. Ces droits ne sont pas des privilèges à accorder à une catégorie ou à une minorité de la classe sociale. Tous les enfants y ont droit indépendamment de leur classe, de leur nationalité, de leur sexe, de leur religion, de leur langue ou encore de leur race. Ils sont là pour guider, rappeler à l’ordre quand il faut et garantir que chaque enfant grandit correctement, s’épanouit, apprend, aime et est aimé en retour. Dans tous les pays, il existe des lois pour protéger les droits des enfants. Le non-respect ou la violation de ces droits peut entraîner des sanctions et autres punitions à l’endroit de quiconque met un enfant en danger.
Le droit à l’éducation
Victor Hugo disait à juste titre que « chaque enfant qu’on enseigne est un homme qu’on gagne ». Cela veut simplement dire qu’en éduquant un enfant, on forge l’adulte qu'il deviendra dans le futur. Un adulte responsable, intelligent et capable de réaliser de grandes choses pour la société. L’éducation est un droit fondamental, l’un des plus importants à notre avis. Elle représente les espoirs, les rêves et les aspirations non seulement des enfants, mais aussi de leurs familles. De plus, c’est le moyen le plus fiable pour permettre aux enfants de se développer pleinement, d’avoir une chance de sortir de la pauvreté générationnelle et de réussir dans la vie, car comme le dit si bien Nelson Mandela « L’éducation est l’arme la plus puissante qu’on puisse utiliser pour changer le monde ».
Ce que l’école change dans la vie d’un enfant
Les articles 28 et 29 de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant adoptée en 1989 et ratifiée en 1990 stipulent que : « Sur la base de l’égalité des chances, l’enseignement primaire doit être obligatoire et gratuit, et l’enseignement secondaire accessible à tous, dans le respect de la dignité de l’enfant ». Tous les enfants, sans exception, doivent donc avoir accès à l’éducation. Ils doivent apprendre à lire, à écrire, à compter, mais aussi à réfléchir, à comprendre le monde et à exprimer leurs idées. C'est grâce à l'école que l’enfant découvre ses capacités. Elle ne lui donne pas seulement les connaissances nécessaires à son épanouissement professionnel, elle lui enseigne aussi les valeurs et compétences sociales indispensables pour son épanouissement personnel et social.
L'éducation permet à l’enfant d’avoir confiance en lui, lui apprend à raisonner, à coopérer et à respecter les autres. Grâce à cela, il développe son esprit critique et son autonomie. Il peut alors comprendre le monde plus facilement et y trouver sa place. Offrir l’accès à l'éducation à un enfant revient à l'outiller pour construire son avenir et réaliser son plein potentiel. Elle lui donne la légitimité de rêver, de rêver grand et de réaliser ses rêves.
Ce qui se passe quand un enfant est privé d’éducation
Selon l’UNICEF, 251 millions d’enfants âgés de 6 à 18 ans dans le monde ne sont pas scolarisés. Cela veut dire que, hypothétiquement, 251 millions de futurs adultes seront privés des outils nécessaires pour prétendre à un avenir meilleur, différent de ce que leur entourage immédiat laisse espérer. Les conséquences lorsqu'un enfant est privé d'éducation sont graves pour lui-même, sa famille et sa communauté. Plus vulnérable à l’exploitation et aux violences, il peut facilement tomber dans la délinquance et la criminalité. Il lui sera aussi difficile de se protéger et de se défendre à l'avenir puisque sans l’éducation, il ne peut connaître ou comprendre correctement ses droits. Par ailleurs, ses chances de sortir de la pauvreté sont réduites. N’étant pas instruit, il ne pourra avoir accès à de meilleures opportunités de travail. Pour lui-même, sa famille et sa communauté, il risque de devenir un handicap, quelq'un qui est incapable de contribuer au développement de la société.
Le droit à la sécurité et à la protection
Jusqu'à aujourd'hui, partout dans le monde, trop d’enfants souffrent encore, sont exploités, négligés ou abandonnés. Chaque jour, de nouveaux cas d’abus et de maltraitance d’enfants défraient la chronique. Pourtant, le droit à la sécurité et à la protection stipule clairement que « chaque mineur a le droit de grandir dans un environnement sûr, à l'abri de toutes formes de violence physique ou mentale, d'abus, de négligence et d'exploitation ». Grandir sans peur devrait donc être une évidence.
Un enfant qui se sent en sécurité peut se développer correctement. Il peut faire les choses de son âge comme jouer, explorer, apprendre, se tromper et recommencer sans peur. Lorsqu'il se sent protégé, il grandit en confiance. Il devient fort, non seulement physiquement, mais aussi mentalement. Il n’a pas peur d'affronter les défis de la vie à l’âge adulte, parce qu'il a grandi dans un environnement sûr et sain.
À l’inverse, un enfant que l’on prive de son droit à la sécurité et à la protection ne grandit pas sereinement. Au lieu de travailler à devenir une personne épanouie dans le futur, il consacre son énergie à survivre. Il vit constamment dans la peur, se cache, cache ses émotions. Les chances pour qu'il devienne un déséquilibré et répète les mêmes schémas avec ses propres enfants sont élevées. À partir de là, la société elle-même peut être affectée.
Le droit à la santé
Même pour l’adulte, la santé est un droit fondamental. Imaginez alors un enfant qui est un être fragile, vulnérable et dépendant. Il a davantage besoin de soins, d'une prise en charge adéquate pour bien grandir. Gardons à l’esprit que l'enfance est une période déterminante dans la vie d'un homme. C’est à ce moment que le corps, mais aussi l’esprit se construisent. Tout ce que vit l’enfant, la façon dont il est nourri, soigné, protégé et aimé, influence son corps et son esprit pour le reste de sa vie. Il doit donc manger correctement, boire de l’eau potable, avoir accès aux soins médicaux quand c'est nécessaire et à une bonne hygiène. Autant la maladie peut handicaper le bon déroulement de la vie d'un adulte, autant elle peut être un frein au développement de l’enfant.
Un enfant malade ne peut pas aller à l'école, apprendre, jouer ou faire les choses susceptibles de faire de lui un homme épanoui dans le futur. En l'état, il ne peut pas développer son plein potentiel, ce qui risque d’impacter négativement son avenir. C'est pourquoi les parents, les familles et même les gouvernements doivent faire tout leur possible pour « prévenir les maladies, fournir des soins médicaux et des services de santé adaptés aux enfants… ».
Le droit à la dignité et au respect
Les enfants ont aussi droit à la dignité et au respect. Depuis la déclaration de Genève, on les reconnaît comme des êtres à part entière et autonomes. Dans cette optique, ils ne doivent pas subir certaines injustices. Même s'ils sont petits et dépendants des adultes, les enfants méritent d’être respectés. C'est ce que stipule les articles dédiés à cet effet dans la Convention Internationale des Droits de l’Enfant. Respecter un enfant, ce n’est pas seulement lui donner à manger, l’habiller et le loger. C’est aussi reconnaître ses émotions, ses opinions, ses besoins. Autrement dit, vous ne pouvez pas minimiser sa parole, ses peurs ou ses émotions sous prétexte qu'il est trop petit pour comprendre.
Au contraire, de nombreuses études ont révélé que les enfants comprennent et ressentent beaucoup de choses, parfois même plus profondément que les adultes. Leur intelligence et leur innocence leur permet de faire la part des choses, même s'ils n'ont pas toujours les bons mots. Reconnaître cela et le respecter vous permet de mieux traiter l’enfant. Et qui dit mieux traiter l’enfant dit contribuer à son épanouissement futur et à celui de la société.
Autant que les adultes, les enfants ont de la valeur. Vous n’insulteriez, n’humilieriez, et encore moins ne frapperiez un adulte sans raison. De la même façon, vous ne devez pas le faire envers un enfant. Quand un enfant est écouté, il se sent important. Il développe une estime de soi solide. Il apprend à mettre des mots sur ses émotions, à communiquer, à demander de l’aide. C'est très important pour qu'il puisse grandir avec confiance et se sentir légitime dans ses choix, dans ses rêves, dans ses aspirations. Bien souvent, un enfant respecté devient un adulte respectueux.
Comment ces droits façonnent les sociétés
« Il ne peut y avoir de révélation plus intense de l’âme d’une société que la façon dont elle traite ses enfants. » Cette citation de Nelson Mandela nous rappelle combien la façon dont nous traitons les enfants a un impact direct sur notre société. Quand les droits de l’enfant sont respectés, ce ne sont pas seulement les individus qui en bénéficient, mais la société toute entière. On dit qu'on récolte ce que l’on sème. Celui qui sème le maïs ne peut récolter du riz à la place. Lorsque vous accordez aux enfants le droit à l'éducation, à la sécurité et à la protection, à la santé, au respect et à la dignité, ils deviennent des adultes capables de réfléchir, d’innover, de coopérer et de construire. Ils participent activement à la vie économique, sociale et culturelle, développent le sens de la justice, de la solidarité et de la responsabilité. En bref, tout ceci profite à la société.
De même, lorsque vous les privez de ces droits fondamentaux, les conséquences sont désastreuses et collectives. Pauvreté, violences sociales, instabilités, crises, c'est toute la société qui en pâtit.
En conclusion
Les droits des enfants aident à construire une meilleure société. Pour le développement de notre société, nous avons tous un rôle à jouer. Tant que c'est en notre pouvoir, nous avons le devoir, la responsabilité impérieuse de veiller au respect de leurs droits fondamentaux. Pour ce faire, nous devons participer à leur éducation, veiller à leur sécurité et les protéger, les respecter, les écouter et les encourager, dénoncer les abus, les soutenir et sensibiliser autour de nous. Le moindre petit acte compte, parce qu'il suffit parfois d'un peu de bienveillance pour changer le destin d'un enfant. Respecter les droits des enfants, c’est nous assurer de laisser un meilleur monde pour les générations à venir.
🇫🇷 ALERTE INFO | L’Assemblée nationale a ADOPTÉ à l’unanimité une loi pour GARANTIR un avocat à tout enfant placé en famille d’accueil ou en foyer, ou suivi dans sa famille par les services sociaux. (AFP) pic.twitter.com/d20KGZe7Qa
— AlertesInfos (@AlertesInfos) December 11, 2025